Ses rapports s'étaient détériorés avec Jean-Christophe Simond, qui l'avait pourtant remis en selle après son échec aux JO de Turin en 2006 (6e).
Avec lui, il avait tout gagné en 2006-2007: un deuxième titre européen à Varsovie et un premier titre mondial à Tokyo, 42 ans après Alain Calmat. Le troisième titre européen obtenu en janvier dernier à Helsinki avait repoussé l'échéance. La déception de Los Angeles -consécutive à une erreur tactique - a sonné le glas de Simond.
Dans un premier temps, Joubert a fait appel à un de ses anciens entraîneurs, Laurent Depouilly, pour l'accompagner jusqu'au Trophée mondial par équipes à Tokyo, du 16 au 19 avril, dernière épreuve de la saison.
«Ca devenait difficile pour Jean-Christophe et invivable pour moi, admet le patineur français. Je pense que c'est la meilleure solution pour nous deux. Après une bonne première saison, ça a commencé à se dégrader à l'Euro de Varsovie, Jean-Christophe n'était pas assez présent à Poitiers. Il n'y venait que 125 jours par an». Joubert évoque une décision prise d'un «commun accord».
Le coup de gueule de Tarasona à Los Angeles
«Pour ma prochaine saison, avant les Jeux de Vancouver, je reste sur Poitiers, poursuit-il. Je souhaite que Laurent Depouilly reste à mes côtés et que Tatiana Tarasova soit ma chorégraphe. Je travaillerai les pirouettes avec Lucinda Ruh», une spécialiste de cet élément technique. Tarasova, la figure de référence du patinage russe (42 titres internationaux dont sept olympiques), qui entraîne notamment la Japonaise Mao Asada, avait invectivé Joubert dans les coulisses de Los Angeles : «Jamais tu ne dois changer ton programme, jamais ! Tu étais prêt pour deux quadruples, tu devais les faire. Changer comme ça, ce n'est pas professionnel».
Jean-Christophe Simond a accusé le coup: «Dire que ça devenait invivable et que je n'étais présent que quatre mois par an est un énorme mensonge. J'ai vraiment l'impression d'être trahi. Je ne comprends pas qu'on cherche à détruire les personnes, plutôt que de dire simplement qu'on veut changer d'entraîneur. C'est vraiment moche, mais je ne veux pas polémiquer. Il est probablement mal conseillé», a-t-il dit, allusion à Didier Gailhaguet, le président de la FFSG, qui l'avait sérieusement mis en cause à l'issue des Mondiaux.
Laurent Depouilly, qui entraîne Joubert depuis le 1er avril à Poitiers s'est dit «très flatté» que l'on ait fait appel à lui: «C'est une reconnaissance du travail que nous avons effectué ensemble (ndlr: d'octobre 2003 à décembre 2004) quand Brian a obtenu son premier titre européen à Budapest (2004). Je n'ai pas de problème avec la famille Joubert. Reste à définir avec la fédération les modalités. Ce serait très flatteur de l'accompagner jusqu'à la médaille d'or olympique à Vancouver le 20 février 2010».




